Géothermie en Islande

Puripat

Point de contact entre le feu et la glace, l’Islande connaît une activité volcanique et géothermique des plus tumultueuses. Longtemps considérée comme la porte des enfers, elle est le théâtre d’une multitude de phénomènes naturels tous plus extraordinaires les uns que les autres !

La géothermie en Islande


Voyageant à travers le pays, vous pourrez observer des geysers jaillissants de la roche, des fumerolles, des éruptions et des évents de vapeur, des sources chaudes et des mares de boue bouillonnantes… N’hésitez plus, de surprenantes découvertes vous attendent depuis la péninsule de Reykjanes, jusqu’aux hautes terres et la caldeira d’Askja, en passant par des sites incontournables tels que Landmannalaugar et Mývatn. Des régions moins connues comme celles de Kverkfjöll et Hveravellir livrent aussi de sublimes surprises.

Attentifs au moindre tressaillement de leurs volcans assoupis, les Islandais vivent au rythme des vibrations de la terre. Ils ont cependant su au fil du temps apprivoiser cette exceptionnelle ressource naturelle pour produire de l’énergie. Voici quelques brèves explications qui vous permettront de mieux comprendre tous ces phénomènes para-volcaniques composant la géothermie islandaise (géo : terre, thermie : chaleur).

Les mécanismes de la géothermie


La formation de sources chaudes commence par l’infiltration naturelle des eaux de surface (pluie, fonte des neiges…) jusque dans les entrailles brûlantes de la terre. L’eau d’infiltration, chauffée au contact de roches bouillantes à plusieurs centaines, voire milliers de mètres de profondeur, est moins dense que l’eau froide. Cette dernière continuant d’arriver en permanence depuis la surface, un cycle naturel se déclenche alors et, dans un mouvement circulaire, l’eau chaude commence à remonter progressivement en direction de la surface, laissant sa place à l’eau froide venue d’en haut qui sera chauffée à son tour, et ainsi de suite.

L’eau qui remonte en surface, dépendamment de sa température à l’approche du grand air, manifestera sa présence sous différentes formes. Dans les zones dites de basse température, elle atteindra la surface à moins de 100°c et s’écoulera alors normalement, formant ainsi des cours d’eau chaude et des bassins naturels, parfois aménagés par l’homme pour s‘y prélasser à l‘occasion d‘un bain en pleine nature. Dans les zones dites de haute température, l’eau atteint la surface à des température de 100°c ou plus. C’est dans ces zones que l’on peut observer les manifestations les plus spectaculaires de la géothermie.

Quand de l’eau est chauffée à plus de 100°c dans les entrailles de la terre, elle reste à l’état liquide. En effet, les conditions de pression qui règnent à ces profondeurs sont alors si extrêmes qu’elles empêchent l’eau d’entrer en ébullition et de s’évaporer. Mais à l’approche de la surface, la pression chute considérablement et l’eau peut alors entrer subitement en ébullition. Se faisant, elle se change rapidement en vapeur et occupe rapidement un volume bien plus important qu’elle ne le faisait à l’état liquide. Cela se traduit en surface par des jets de vapeurs et fumerolles arrivant à plus ou moins grande pression, par des bassins d’eau bouillonnante, mais aussi et plus rarement, par des éruptions d’eau et de vapeur appelées geysers.

Quelques exemples de manifestions géothermiques


Quand à quelques mètres de profondeur, une poche d’eau se dilate et se vaporise sous une colonne d’eau, une bulle de gaz se forme et expulse cette colonne d’eau sur plusieurs mètres ou dizaines de mètres de hauteur : il s’agit là du phénomène de geyser. Celui-ci peut être observé en Islande sur le célèbre site de Geysir qui a d’ailleurs donné son nom au phénomène. Le geyser Strokkur y jaillit jusqu’à une hauteur de 20 mètres, à raison d’une éruption toutes les 5 à 8 minutes !

À l’occasion de tous ces processus d’échanges thermiques, l’eau se charge en minéraux et éléments chimiques divers (silice, soufre…). Selon la concentration de silice, elle forme ainsi des bassins aux teintes allant du bleu électrique au turquoise, en passant par différentes teintes opales (Blue Lagoon, Geysir, Hveravellir…). Quant aux minéraux sulfurés chariés par l’eau géothermique, ils peuvent, par oxydation, donner lieu à la formation d’acide sulfurique. Au contact de cette eau acide, les roches de surface sont altérées et peuvent prendre des colorations magnifiques, comme à Landmannalaugaur, Kerlingarfjöll pi Lónsöræfi…. Cette altération peut même parfois être telle qu’elle ira jusqu’à dissoudre la roche, formant ainsi des marmites de boue bouillonnante. On voit ce phénomène  à Krýsuvík, Námafjall ou Leirhnúkur.

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